Du haut de ses 83,5 cm, Domitille à la sortie de l’école

« Les dadas sont les dames qui aident les enfants aux toilettes et qui font le ménage des salles de classe et du dortoir. Aujourd’hui, elles me font de gros bisous parce que je pars en vacances avec mes cousins!

On est parti, dans un mini-bus rien que pour nous, à Fayoum. C’est au bord d’un grand lac et à côté du désert!

Au bord de la piscine, j’ai joué au maître nageur! »

Les vacances avec les cousins : au Caire

Immersion dans l’immense ville du Caire, en débutant par la Mosquée Ibn Touloun. Magnifique édifice du IX siècle, au style sobre et massif.

C’est pieds nus et foulard sur la tête que nous parcourons l’immense cour centrale, 

la fontaine aux ablutions, 

et la salle de prière.

On se sent bien petit dans cet espace si vaste.

Le Caire bouillonne. Les tuks-tuks, charrettes, taxis, piétons, camions se croisent et s’évitent dans une cacophonie assourdissante.

Il faut apprivoiser la ville et prendre sa place dans l’anarchie de la circulation.

Un petit tour au Musée Egyptien permet à tous de traverser les siècles et d’appréhender l’histoire et la culture de l’Egypte.

L’Egypte pharaonique, riche de sa très longue histoire de plus de 3000 ans, n’a subi la culture d’aucun peuple de l’Antiquité! Tous les « conquérants », sans exception, se sont incorporés au moule des Pharaons. C’est dire l’ascendant culturel et spirituel de l’Egypte Antique, la puissance de ces constructions, l’éclat incomparable de ses oeuvres d’art, ses immenses trésors de sagesse!

Le papyrus était le papier utilisé durant toute l’Antiquité. Les langues latine, grecque, hébraïque ou araméenne, dérivent des hiéroglyphes. La langue des Pharaons survit encore aujourd’hui avec des mots comme Ibis, ébène, oasis, barque…

Les Grecs eux-mêmes, de Thalès à Aristote se réclament des Egyptiens pour les mathématiques, l’astronomie, la théologie, la philosophie, la médecine, les arts plastiques…

Hippocrate, Platon, Aristote ont tous été initiés par des prêtres et sages egyptiens dans des écoles situées à Alexandrie, Thèbes (actuelle ville de Louxor) ou encore Memphis.

Les Pyramides du plateau de Gizeh incarnent parfaitement la puissance de la Civilisation egyptienne.

Les décors éphémères installés à leurs pieds pour le tirage au sort de la Coupe d’Afrique des Nations contrastent avec la splendeur éternelle de ces vieilles Dames âgées de 3000 ans

Jeudi matin sans enfant

C’est l’occasion d’aller se promener dans le Caire, à 45 minutes de New Cairo. Direction l’Atelier Pour l’Environnement (APE), dans le quartier des Chiffonniers.

L’APE est un centre où travaillent des femmes du quartier. Elles confectionnent des tapis, patchworks, sacs à main et de multiples petits articles de couture, avec des tissus de récupération.

 

D’autres femmes s’occupent du recyclage du papier, collecté dans les poubelles du Caire ou donné par des entreprises. Elles fabriquent des carnets, des cartes, des enveloppes, des boucles d’oreille. Avec les opercules de canette de sodas, elles font des bijoux et décorent des sacs à main!Tout ceci est vendu au profit de la communauté des Chiffonniers.


Après les Chiffonniers, nous allons sur l’île Manial, où se trouve le Nilomètre.

C’est un immense puits ouvragé, percé de 3 entrées pour faire entrer l’eau du Nil et mesurer son niveau.

Le niveau de la crue donnait le taux d’imposition de la population. Plus la crue était abondante, meilleures seraient les récoltes…

Un petit tour au musée Oum Kalthoum, la plus célèbre chanteuse egyptienne des années 60.

Pause déjeuner dans une gargotte de rue, falafels, aubergines fries…convoitées par le cheval qui assure la livraison des bouteilles de gaz!

Après 45 minutes de voiture, nous arrivons à l’école pour récupérer les enfants.

Arrivés à la maison, ils découvrent nos nouveaux gardiens (encore!), Omar, sa femme et leur fille Maryam. 

Nouvelle visite de Saqqara

Avec la guide égyptologue de l’association des expatriés français, nous partons découvrir une petite partie des innombrables trésors que recèle la plus grande nécropole de l’époque pharaonique.

Impossible de deviner que sous nos pieds, aux portes du plus grand désert du monde, sont ensevelies des mastabas (tombes) et un réseau de galeries reliant temples, tombes et pyramides. Les fouilles archéologiques se poursuivent, et 7 nouvelles tombes ont été découvertes!

En 1500 avant JC, des milliers d’animaux momifiés ont été enterrés dans des catacombes sur ce site. Des chacals (Dieu Anubis), des ibis, des faucons, des babouins, des vaches, des chattes (Dieu Bastet) et des taureaux (Dieu Apis). Un seul taureau était vénéré à la fois et à sa mort, il était mis dans un énorme sarcophage en granit ou en basalte.

Le sérapeum est constitué de 24 sarcophages, pesant entre 50 et 70 tonnes chacun, placés dans des alcôves creusées dans la roche.

En 1851, inspiré par la description du géographe grec Strabon (25 ap JC), l’archéologue Auguste Mariette découvrit une allée de sphynx qui le conduisit au sérapéum.

Découverte en 1940, la tombe de Mé’ou a été ouverte au public il y a 2 mois seulement.

Sur les murs, de magnifiques fresques représentant des scènes de la vie quotidienne du défunt (chasse, pêche, navigation, danse…) sont encore en bon état. Les traits sont fins et précis, la gamme des couleurs, à base de pigments naturels, est variée.

Ici, un âne est chargé d’un sac de blé par des ouvriers égyptiens et nubiens, à la peau plus foncée.

Là, des offrandes apportées au défunt: des canards, des pièces de viande, des amphores de bière ou de vin…

Un peu plus loin, c’est un barbecue de canard!

 

Le tableau excel a été inventé ici!

Le rectangle en haut de cette photo, aux couleurs un peu passées, représente un tableau à double entrée avec la liste des aliments appréciés par le défunt et la quantité demandée. Toutes ces offrandes sont destinées à assurer une belle vie dans l’Eternité.

Nous quittons le tombe de Mé’ou pour nous rendre au pied de la pyramide du roi Tété…

Ceci a été une pyramide!

 

Dessous, un étroit tunnel conduit à 2 chambres funéraires, dont les parois sont entièrement recouvertes de textes sacrés, extraits du Livre des Morts.

 

 

Promenade du jeudi

Pendant que les enfants sont à l’école, petite promenade dans le quartier Copte, où quelques touristes écoutent les explications de leur guide. On rencontre un militaire djiboutien, venu au Caire pour une formation d’un mois sur la « prise de décision ». C’est l’occasion de parler des 10 000 Chinois qui ont implanté récemment leur plus grosse base militaire d’Afrique. Les Français parlent de réinvestir davantage à Djibouti, peut être trop délaissé.

C’est toujours avec autant d’interrogations que nous observons le contraste saisissant entre les monuments historiques, raffinés, harmonieux et les habitations environnantes, crasseuses et délabrées, où detritus et ordures ménagères sont laissés pêle mêle dans les ruelles, dans lesquels des chats faméliques s’activent, toutes griffes dehors.

On emprunte pour la 1ère fois le métro du Caire. Le plus vieux du continent africain (avant Alger et Lagos) .

Trois lignes et bientôt 4. Alsthom est sur le coup!

Quelques rames sont réservées aux femmes, mais y montent celles qui veulent.

Arrêt Attaba: immersion complète dans le plus grand souq du Caire!

Des centaines de petits étalages vendant chaussettes, valises, tee-shirts ou chaussures pour quelques dizaines de pounds… le royaume de la contre-façon!

Un peu plus loin, le quartier des quincailleries, où toutes les pièces détachées possibles sont disponibles… moyennant d’avoir le temps de chercher!

Les petites boutiques de réparateurs d’aspirateurs, de lave-linge ou de radios se succèdent et se ressemblent.

Pose déjeuner avec de petits sandwichs aux falafels, au pied d’un hôtel plein d’immigrés Soudanais qui viennent chercher du travail au Caire.

Surprise en levant les yeux, au dessus de la fourmilière du Souq d’Attaba: une grande affiche de soutien aux athlètes égyptiens participant aux Jeux Mondiaux des personnes déficientes intellectuelles, se déroulant à Abu Dhabi, ce mois-ci. 87 sportifs français!

Du haut de ses 83,5 cm, Domitille travaille à l’école

« Je suis en Très Petite Section et je fais plein de choses. Je peins, je colle des gommettes, je dessine et hier on a planté des graines de tournesol dans un pot.

Dans ma classe, on est 9:Dalida, Hassa, Hania, Ilyès, Khadija, Mostafa, Ellen et Selim. Comme ils me parlent en arabe, maintenant, je sais dire « Bass! » (=arrête!) et « Meshi » (= d’accord!).  »

« Quand je rentre de l’école, Habiba vient toujours me faire un bisou. Je l’aime bien!

L’autre jour, on a vu un petit voisin faire un chariot .  »

Du haut de son mètre, un anniversaire égyptien

« J’ai été à l’anniversaire de Layal. Elle avait 5 ans. Je lui ai offert un puzzle de princesse.

J’ai bien joué avec Omar et Nadim. 

Edmée est venue avec moi aussi!

C’était une super fête et Layal a eu plein, plein de cadeaux! Une montagne de cadeaux en fait! »

C’est l’occasion de faire connaissance avec des mamans, qui ont toutes quelques notions de français car elles ont été dans des lycées francophones. Il est bien vu, dans la haute société de parler français, et les phrases sont régulièrement ponctuées de petits mots comme « merci », « ah mais vraiment », « ma chérie »….

Il y a également deux Guinéennes qui sont employées comme nounou de riches familles égyptiennes.

Suzanne arrive de Macenta, en Guinée Forestière. On évoque non sans émotion les villes, la forêt, les plats de cette région que nous avons traversée à pied il y a 6 ans…

Du haut de ses 83,5 cm, Domitille souffle ses 3 bougies

« A l’école, j’ai fêté mon anniversaire avec un gros gâteau « Tchoupi et Doudou »!

Elie est même venu avec sa maîtresse.

Mme Jessy, la psychomotricienne de l’école, est venue aussi!

On a chanté et dansé!

Mme Salwa, ma maîtresse, et Maï, l’assistante, m’ont offert une guitare!

Et Youssef m’a offert un pull qui brille!

Les enfants du quartier sont venus me voir et ont chanté « Joyeux anniversaire en arabe »!

Hurghada, la ville des resorts

Après une semaine passée à Marsa Alam dans un resort plein d’Européens (Tchèques, Lituaniens, Allemands), nous sommes entourés de Biélorusses, Russes et Coréens dans un resort égyptien à Hurghada.

Ce palace décrépit peine à remonter la pente après sa fermeture pendant 5 ans suite à la Révolution de janvier 2011 qui a fait fuir les agences de voyage.

Les Russes reviennent depuis peu se réchauffer sur les bords de la Mer Rouge. Les vols depuis la Russie avaient été suspendus suite au crash d’origine terroriste d’un A321 russe au dessus du Sinaï qui se rendait à Charm-el-Cheikh.

Toute la côte d’Hurghada est bétonnée de resorts aux dimensions démesurées, qui sont de véritables villages à touristes incluant boutiques de souvenirs, supérettes, coiffeurs et grands aqua parks!

Contrairement à Marsa Alam où la plage donnait sur un platier qui s’étalait jusqu’au tombant, à Hurghada, les poissons s’observent au niveau de grosses patates de corail.

Il n’y a donc pas besoin de ponton pour accéder à la zone de snorkeling.

Les quelques familles éyptiennes venues passer leurs vacances à la Mer et les serveurs de l’hôtel sont aux petits soins avec les enfants. Grands sourires et bonbons sont donnés avec générosité. Et une maman Egyptienne s’adonne même à une partie de cache-cache interminable avec Elie!

Domitille et Elie découvrent le billard

et les soirées « mini-disco » organisées pour les enfants.

Seul titre français : la danse des Canards qui fait se trémousser l’équipe de foot junior biélorusse!

Marsa Alam

A Marsa Alam, un long ponton permet de passer au dessus du platier et d’accéder à la zone de snorkeling. Le platier de faible profondeur, est composé de corail mort, de sable et d’alluvions, entre la côte et la zone active de croissance du corail. Ce platier ne présente plus de conditions favorables à la croissance du corail, en raison du faible courant et des températures élevées : il devient petit à petit un lagon. Le corail continue donc à se développer principalement sur les bords du lagon, où les conditions sont favorables à sa pousse : température, degrés de salinité, oxygénation et apports en nutriments. Ainsi, avec les années, le front corallien va s’éloigner de plus en plus du littoral, et le lagon deviendra de plus en plus profond (par érosion) jusqu’à former un récif barrière, comme en Nouvelle-Calédonie.

 

Du Haut de son mètre

 » Moi, au début, je voulais pas aller au tombant, mais après j’y suis allé avec Maman. J’ai juste mis ma tête un tout petit peu dans l’eau parce que j’avais un peu peur des vagues.
J’ai vu des poissons bleus et des petits poissons comme des zèbres. Y en avait plein!
Domi, elle est pas venue mais elle a regardé à travers le ponton, on voyait les poissons tellement l’eau est transparente! »

 

Vol pour la Mer Rouge, du haut de ses 83,5 cm

« J’ ai pris l’avion pour aller à la Mer, à Marsa Alam, parce qu’en voiture c’est trop loin (8 heures de route). Avec Edmée, j’ai joué dans l’aéroport et on a été sages pendant le vol.

On était les seuls enfants!

A Marsa Alam, j’ai joué sur la plage, j’ai fait des pâtés et j’ai joué à la marchande avec Elie.

J’ai aussi joué avec Antonia, une italienne originaire de Naples et Vika, une kazak. Elles s’occupent des enfants au kids cub.

Le soir, on dansait et on chantait avec elle sur la scène! »