Du haut de son mètre, Elie fête son anniversaire

« Alors, j’ai invité les copains de la classe au mall. Parce que notre appartement est trop petit et il fait trop chaud pour jouer dehors. Au mall, on était à Billy beez, c’est un endroit pour les enfants, avec la clim!

On a mangé des cupcakes, super bons! Et on a joué. Ils m’ont offert plein de cadeaux!

A la fin, les mamans sont venues chercher mes copains parce que c’était la rupture du jeûne. Donc ils rentrent chez eux. Mais Emmanuel est resté plus longtemps! Parce que lui, il fait pas le Ramadan! »

Bamako-Istanbul-Le Caire

18 heures de voyage pour venir nous retrouver en Egypte… il n’y a que Noémie pour faire ce genre de folie!

Et la voilà, à peine fatiguée, partante pour visiter le Musée d’Art Islamique, les Pyramides, le Jardin Al-Azhar, la Citadelle, la réserve du Wadi Degla, les malls, et honorer la cuisine égyptienne au cours des soirées de rupture du jeûne…

Invités à plusieurs reprises dans des familles egyptiennes, nous découvrons de l’intérieur l’exigence du jeûne quotidien. Et c’est avec beaucoup d’humilité et de simplicité que petits et grands boivent et mangent enfin, après l’appel du muezzin.

Avec Sherif, collègue de Sylvain, et toute sa famille, nous fêtons l’anniversaire de ses jumeaux Mohamed et Youness.

 Pour leur « 1an », oncles, tantes et grands-parents sont conviés au club du Wadi Degla, une sorte de grand parc privé, avec droit d’entrée, qui regroupe plusieurs restaurants, cafétérias et une grande aire de jeux pour les enfants.

Les Cairotes se retrouvent souvent dans ces clubs le week-end pour échapper à la frénésie de la ville tout en étant un peu dans la nature, à la différence des malls (grands centres commerciaux).

Chez Kamel et sa femme Miss Ola, les propriétaires de notre appartement, nous nous régalons de plats égyptiens: légumes farcis de riz parfumé, poulet pané, boeuf en sauce… la table est bien garnie! Son fils Ahmed et sa femme sont venus rompre le jeûne avec nous, ainsi que Rachid, collègue de Sylvain. On parle de l’Egypte, des séries télé spéciales Ramadan (diffusion 24h/24h, avec éléction de la meilleure série à la fin du Ramadan), du lycée Balzac et de la vie à Abu Dhabi où Rachid a passé 10 ans.

Chez Hanna, c’est à nouveau un repas de fête!

Une grande tablée chaleureuse où la maman d’Hanna et ses 2 soeurs, veillent à ce que chacun ne manque de rien. Hanna est une brillante élève de Sylvain qui envisage de faire ses études de Médecine en France à la rentrée.Son père, ingénieur en Génie Civil,  a parcouru l’Afrique en long en large, et est de retour au Caire depuis peu. Hanna et ses soeurs ont fait toute leur scolarité dans le système français et ne parlent donc pas l’arabe égyptien! Pas simple pour elles de s’intégrer à ce pays qu’elles connaissent peu.

Dans le centre ville du Caire, tout autour de la mosquée Al Hussein, certains ont pris place dès 16 heures pour être sûrs d’avoir une place sur les tapis et couvertures installés par terre. Dans de grandes marmites mijotent le repas pour tous, des familles ou personnes en situation de précarité.

Dans les rues du quartier Khan El Khalili (Vieux Caire Islamique), la plupart des boutiques sont fermées, presque que des chats à traîner… Tout le monde prie dans les dizaines de mosquées du quartier. Quelques minutes plus tard, les rues se remplissent d’hommes en galabeya (djellaba), de femmes aux voiles colorés, et d’enfants excités par l’ambiance festive.

D’autant plus que les soirs de Ramadan, il est fréquent d’offrir des petits cadeaux aux enfants.

Des lanternes et guirlandes lumineuses ont été accrochées un peu partout.

Cette tradition des lanternes vient de l’époque fatimide (1000 ans après JC). On raconte que le calife Al-Moezz li-Dine Allah est entré au Caire une nuit du Ramadan, et que le peuple est sorti l’accueillir en nombre, tenant des lampes pour éclairer les rues.

Depuis, la coutume est d’éclairer sa maison et les rues avec des lanternes de toutes les tailles et de toutes les formes. Domitille et Edmee étaient fières de nous ramener celles qu’elles avaient faites!

Un week-end au Monastère d’ Anafora

A seulement 1h30 des embouteillages du Caire, il existe une oasis de nature et de paix, protégée par une communauté de religieuses coptes orthodoxes.

Lieu de vie, de prière et d’accueil, Anafora est  ouvert à tous, chrétiens comme musulmans.

Hasard de circonstances, le jour où nous découvrons ce lieu, un article parait dans le journal Ouest France pour saluer cette initiative pour la Paix, dans un pays marqué par les conflits religieux.

Les enfants sont plus intéressés par l’observation des autruches, ânes, lapins et buffles d’eau que par les temps de prières qui rythment le quotidien des Soeurs et auxquels chacun est libre de participer ou non.

Mais peu importe, le calme des lieux et la bonté de Soeur Theodora sont un vrai message de paix!

C’est dans la grande bibliothèque d’Anafora, que nous faisons la connaissance de Catherine, qui depuis 20 ans, donne de son temps pour l’association qui soutient les Soeurs et le Père Thomas, fondateur du lieu.

L’association aide à la gestion de cette communauté de vie: les Soeurs, les retraitants, les gens de passage et les enfants déscolarisés accueillis régulièrement pour des séjours éducatifs.

Les repas partagés au réfectoire sont l’occasion de croiser des Français, des Américains ou des Scandinaves, venus pour des séjours plus ou moins longs, en volontariat ou pour une retraite.

Le Ramadan a commencé – 6 Mai

30 jours sans boire ni manger le jour, et attendre le coucher du soleil pour enfin s’hydrater…

Voilà le programme pour les 1,8 milliards de musulmans dans le Monde, soit 1 terrien sur 5 (exceptés les femmes enceintes, les enfants, les persones âgées ou malades).
Alors, pour faciliter un peu ce jeûne sous 35°C à l’ombre, les horaires d’école et de travail sont aménagés.

9h-13h30 pour l’école et la plupart des magasins n’ouvrent qu’en fin d’après-midi.
Les non musulmans sont priés de manger et boire discrètement.

Tout le monde se souhaite un « Ramadan Kareem » pour accomplir au mieux l’un des 5 piliers de l’Islam.

Le mois le plus saint de l’année se terminera obligatoirement par un don de nourriture (dattes, riz, raisins…) : la zakât al-Fitr (aumône de la rupture du jeûne)4. Étant destinée aux plus démunis, elle a pour but de purifier le jeûneur de ses péchés commis pendant le mois de ramadan. Sa quantité est évaluée à un « Saa’ », mesuré par quatre fois la contenance des deux mains.

La fête du printemps, le Cham-el-nessim

egyptian papyrus -Three Girls Holding A Lotus Flower.

Cette fête vient de l’époque pharaonique! L’ équinoxe de printemps était associé au commencement de la création. Les pharaons appelèrent cette fête “Chamus”, ce qui signifie « Résurrection ». Les familles se retrouvaient alors au bord du Nil et offraient à leurs divinités du poisson salé, de la laitue et des oignons.

De nos jours, la fête a lieu le lundi de Pâques orthodoxe ( cette année le 29 avril). Les familles chrétiennes comme musulmanes vont à la campagne pour pique-niquer ou manger du poisson dans des « fermes » et on se souhaite un « happy Easter! ». Les deux fêtes ne font qu’une.

On s’associe à la fête en passant la journée à la Nemo’s farm. C’est l’occasion de voir de près pélicans, serpent, tortues et singes.