Du haut de son mètre, l’anniversaire de Marwan et Farah

« Hier, c’était l’anniversaire de Marwan et Farah. On a mangé un gâteau Tortues Ninja, trop bon, dé-li-cieux!y avait tout Tortues Ninja, les assiettes, les verres et le chapeau! J’ai même eu des lunettes !

Quand on est rentré de l’école, j’ai tout montré à « Habibi ». En fait Habibi, c’est un gardien et quand il me voit, il crie toujours « Habibi! Habibi! » « (« mon chéri! Mon chéri!)

Aujourd’hui, il m’a offert un cahier de l’école où il travaille.

Il travaille pour gagner des sous pour gagner de l’argent. Il est vieux mais il travaille pour sa retraite.

Je vais lui faire un dessin parce qu’il est a-do-rable ce Monsieur! »

Au pied des Pyramides

Après les barbes postiches des Pharaons, voici le concours de la moustache la plus élaborée!

Voici la méharée d’ Odette du Puigaudeau* et Henry de Monfreid**!

(*1ère ethnologue française à traverser la Mauritanie en dromadaire

**aventurier-trafiquant sur la Mer Rouge au début du XXème siècle )

et pendant que Nadine a le dos tourné…


La Maison Al Seheymi

Dans les années 2000, environ 200 personnes ont été délogées de cette somptueuse résidence construite au XVII ème siècle par le  Sheikh Ahmed as-Suhaymi. Cette maison ottomane est un dédale de pièces et de salons de réception, conçue pour que les hommes et les femmes ne se croisent pas.

Un astucieux système de climatisation avec des moucharabiehs, de hauts plafonds et des ouvertures obliques orientées au Nord, permettait de rafraîchir les pièces.

Petit tour dans le souk du Khan El Khalili pour sentir les épices et déguster des falafels.

Le Caravansérail Bazara’a

Les caravansérails accueillaient les caravanes des marchands venus du Soudan, d’Ethiopie ou d’Erythrée pour vendre thé, café ou coton au Caire.

Le Caravansérail Bazara’a était dédié au commerce du thé et du café.

Chaque caravansérail respectait la même organisation: au rez de chaussée se trouvaient les entrepôts de marchandises,  au 1er étage, les magasins, au 2 ème étage, les appartements triplex pour loger les marchands et leurs familles.

Du toit du Caravansérail, on observe pêle mêle de magnifiques minarets des époques ayoubides, fatimides et mamelouks…et des tas d’ordures, et autres débarras balancés sur les toits qui salissent malheureusement le panorama.

 

Avec les amis

En cette période de vacances scolaires françaises, nos amis Nadine et David viennent découvrir l’Egypte, l’occasion de faire de nouvelles découvertes culturelles.

Après la visite incontournale de la Citadelle, c’est en tuk tuk que nous filons vers la mosquée Ibn Touloun, la plus vieille (IX ème siècle) et la plus vaste mosquée de la ville.

Du haut de son minaret en spirale, les toits du Caire s’étendent à perte de vue.

Attenant à cette mosquée, le musée Gayer Anderson est l’ancienne maison d’un médecin militaire britannique qui a travaillé pour l’Armée egyptienne au début du XXème siècle.

Ce riche collectionneur a fait de sa demeure une véritable galerie d’objets d’art en donnant à chaque pièce un thème. On déambule tour à tour dans des pièces consacrées à l’Egypte Ancienne, la Perse, Damas, l’époque Byantine. Le harem, la chambre des secrets, les salons d’hiver et d’été, les loggias illustrent la richesse et le raffinement du propriétaire des lieux.

Ismaïlia

C’est sous escorte militaire que nous arrivons à l’auberge de jeunesse d’Ismailia.

Pas moins d’une dizaine de policiers sont mobilisés pour encadrer notre mini-bus durant le trajet Port-Saïd-Ismailia.

A peine nos bagages sont ils déchargés que le chef d’escorte attrape Elie sous les bras et le pose avec amusement sur le capot de sa voiture, pour une série de selfies, sourire jusqu’aux oreilles!

Puis c’est au tour d’Edmée, sans pleurer, de se prêter au jeu!

Le lendemain matin, dans le réfectoire, autour de notre bol de foul (purée de fèves) agrémenté d’u oeuf dur, nous réalisons en voyant une kalachnikov posée près des assiettes qu’un policier de notre escorte a dormi ici pour nous!

Au cours de la matinée, dans le petit musée national d’Ismailia, nos policiers tournent et retournent autour d’une momie très bien conservée, et questionnent la gardienne sur ce squelette intrigant. Nous ne saurons rien de cette discussion en arabe qui semblait fort intéressante. Notre chauffeur nous montrera juste sur son smartphone cette traduction laconique: « la momie date de l’ ère pharaonique ».

Après un petit tour dans le quartier colonial des Français, qui a vu naître Claude François (il y a d’ailleurs une rue à son nom), notre escorte nous mène dans un club au bord du Canal de Suez.

En Egypte, le concept de club est très répandu. Ces lieux agréables, équipés de salles de sport, piscine, jeux pour enfant, restaurant, salons d’extérieurs sont financés par les habitants d’un quartier, par l’Armée, la police ou une corporation de notables.

C’est assis au bord du Canal, que nous savourons de délicieux falafels et sandwichs de foul en regardant des cargos du monde entier passer lentement.

Du haut de son mètre, Elie

« On a traversé le Canal de Suez dans un bâteau avec plein de voitures et de gens.

On a vu des grues énormes pour prendre les containers des bâteaux et les mettre dans le port. On est descendu et on a dit « On est en Asie! ». »

En face de Port Saïd, c’est Port Fouad, ville construite par la Compagnie Universelle du Canal de Suez en 1926 pour y installer ses ateliers pour la création du Canal.

Le canal fait un peu moins de 200 km de long de 193,3 km, sur 300 mètres de large et 20 mètre de profondeur et relie, via trois lacs naturels, la ville portuaire de Port-Saïd sur la mer Méditerranée et la ville de Suez, sur le golfe de Suez (partie septentrionale de la mer Rouge), permettant ainsi de relier les deux mers.

Percé entre 1859 et 1869, grâce à une levée de fonds géante à la Bourse de Paris, sous la direction du diplomate français Ferdinand de Lesseps, il permet aux navires d’aller d’Europe en Asie sans devoir contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance et sans déposer les marchandises par voie terrestre entre la Méditerranée et la mer Rouge.

Avec l’augmentation du trafic, le canal est devenu la troisième source en devises de l’Égypte et représente 8 % du commerce maritime international.

En 2015, le président Al-Sissi inaugure le « Nouveau canal de Suez » permettant, après un an de travaux, de doubler la capacité de passage. Les travaux ont consisté à élargir le canal existant ainsi qu’à en augmenter la profondeur sur 35 km, et à doubler le canal sur 37 km dans sa partie orientale.

Le Canal de Suez

En route pour Port-Saïd, l’entrée Méditerranéenne du Canal de Suez.

Nous longeons de grandes palissades métalliques qui protègent le Canal mais qui laissent voir la partie haute de navires gigantesques, que nous dépassons avec notre mini-bus, amusés par cette situation insolite.

Arrivés au restaurant de plage « El Narkan », en attendant que nos poissons et crevettes soient grillés et frits, on fait trempette dans la Méditerranée en regardant les cargos entrer ou sortir du Canal.

La Cathédrale de la Vierge Marie et de Saint Simon le Tanneur

Cette cathédrale troglodyte construite en mémoire du miracle du déplacement de la colline du Moqqattam le 27 novembre 979, continue à être embellie de magnifques bas-reliefs sculptés à même la falaise.

Une grande croix est aussi en cours de réalisation. Un artisan couvert de poussière creuse sans relâche le calcaire, suspendu, sans protection, à des dizaines de mètres au dessus du sol…

Une autre croix, bien plus petite celle là, fait la fierté du sacristain qui découvre son épaule pour nous la montrer. Traditionnellement, les Chrétiens Coptes ont une croix copte tatouée sur le poignet.

Le Foyer Torah, quartier des chiffonniers

Les filles nous accueillent avec enthousiasme pour une séance de peinture libre.

On trempe généreusement pinceaux et petites mousses dans la peinture et on laisse court à ses émotions du moment avec plus ou moins d’application, mais toujours avec bonheur!

Les oeuvres sont ensuite affichées et admirées avec fierté!

Après la séance hebdomadaire de motricité et de danse, nous quittons les filles pour visiter les ateliers de l’association Actions Pour l’Environnement (APE). L’APE forme des chiffonnières à la couture et au recyclage du papier et vend leurs productions au profit des familles de chiffonniers.

C’est l’occasion d’un tour de quartier cahotique en tuk-tuk, moyen de transport le plus adapté dans ces ruelles étroites en terre battue.

Les Pyramides, on ne s’en lasse pas!

Juste après avoir déposé les enfants à l’école et Edmée à la crèche, nous sautons dans un Uber (taxi géré par une application sur smartphone) direction les « Great Pyramids ».

C’est l’occasion pour notre chauffeur d’entrer pour la 1ère fois sur le site du plateau de Gizeh qui voit défiler jusqu’à 4000 visiteurs par jour.

Les rabatteurs essaient d’extorquer quelques pounds aux chalands en vendant des babioles ou des explications hasardeuses dans un anglais médiocre.

Un peu plus loin, c’est au tour des chameliers de vanter les mérites de leurs montures, couvertes de jolies selles et dont les têtes sont grimées de motifs égyptiens.

La Mosquée de la Police

Pour nos 2 invitées de marque, on commence par un tour de quartier avec la visite de la Mosquée de la Police à 10 minutes de chez nous.

Magnifique édifice inauguré il y a 2 ans, d’un blanc éblouissant, aux plafonds joliment décorés dont les motifs sont reproduits au sol en marbre.

Une maquette de mosquée réalisée en cristal qui tourne sur elle même dans une vitrine rotative fascine les enfants.

Le « manager » de la mosquée nous offre jus de fruit, bonbons et chocolat et fait allumer pour nous, seuls visiteurs de la matinée, les jets d’eau de la fontaine! Quel accueil!

Le Jardin Al Azhar

Surplombant le Caire, le jardin Al Azhar donne un aperçu de l’étendue de la ville et permet d’observer les pigeonniers juchés sur les toits des immeubles populaires. Au signal donné par le grand ruban de l’éleveur, les pigeons rentrent dans leur volière pour picorer.

Une fois bien engraissés, ils seront consommés les jours de fête ou vendus aux restaurants.

Dans le jardin, de petits groupes d’adolescents nous abordent plus ou moins timidement pour des séances de selfies.