Le Caire islamique

Ahmed nous attend au pied de la Mosquée Mohammed Ali.


Avant d’y entrer, déchaussés, petite révision sur l’Islam : les 5 piliers, la différence entre les Sunnites et les Chiites et Mohammed Ali, roi d’Egypte au début du XIXème siècle et fondateur de l’Egypte moderne.

Mosquée Al Nasir Muhammad

On retrouve la même architecture dans toutes les mosquées : en face de l’entrée de la salle de prières, se trouve le mihrab qui est une niche, décorée avec deux colonnes et une arcade qui indique la qibla, c’est-à-dire la direction de La Mecque vers où se tournent les musulmans pendant la prière.

A la droite du mihrab, en haut d’une série de marches, se trouve le minbar, d’où l’imam prêche le sermon du vendredi.

Ensuite, direction la mosquée de Mohammed Ali, située dans le périmètre de la Citadelle de Saladin.


Cette mosquée est calquée sur la mosquée Sainte Sophie à Istanbul.
On retrouve la cour carrée à ciel ouvert, bordée d’arcades.

La salle de prières quadrangulaire est surmontée d’une coupole centrale de 50 mètres de haut. .

Domitille fait sa starlette, demandée par de nombreux touristes pour prendre la pose  avec cette petite visiteuse « so cute »!

Depuis l’esplanade, au pied de la mosquée Mohammed Ali, l’immense ville du Caire s’étale sous nos yeux.

En contrebas, les mosquées Al Rifa’i (XIXème siècle) et celle du Sultan Hassan (XIVème siècle) rivalisent de splendeur et de raffinement.


Domitille les parcourt en long en large, trottinant pieds nus sur d’immenses tapis tissés à la main.

Du haut de son mètre – Mon petit rituel

Le matin lors de la récréation, je vais voir Domitille avec ma maîtresse Mme Picot.

On y va pour lui faire un bisou et comme la maîtresse elle a du rouge à lèvre, il atterrit sur Domi et après la maitresse elle a pu de rouge à lèvre,

Je joue un peu avec Domi et je danse avec elle et après je vais dans la cour jouer avec Amine, Chris, Marwan et Faride.

Dés que la sonnerie fait « dring dring » je rentre dans la classe.

ELIE

Du haut de ses 83,5 cm

« On a un nouveau gardien . Il est arrivé avec sa femme et leurs 2 enfants. Ils habitent juste en dessous de chez nous à la place des autres.

Je ne sais pas comment s’appelle les enfants mais j’aime bien aller jouer avec eux. Ils jouent avec des cartes avec les voisins du quartier.

Moi, je rentre dans le cercle et je dis « bonjour » à tout le monde avec ma petite main et ça les fait beaucoup rire ! Parce que je suis pas gênée d’arriver comme ça ! Et quand j’ai décidé de partir, je fais le tour : je regarde chacun droit dans les yeux et je dis « aurevoir ! », « aurevoir ! », et ça fait rire tout le monde !

« Papi et Mamie sont arrivés ! Ils ont rapporté pleins de trucs dans leurs valises ! Il y avait des chocobons ! (et des cadeaux qu’on ouvrira qu’à Noël!)

Papi et Mamie sont venus nous chercher à l’école ! J’étais trop contente !

Un week-end dans le « Jardin de l’Egyte » : Le Fayoum

Sous l’Ancien Empire, Pharaon y venait avec sa cour chasser dans les marécages et les roselières où abondaient crocodiles et ibis. Aujourd’hui, de cette époque, ne reste que le réseau d’irrigation, faisant de la contrée l’une des plus fertiles d’Egypte, où sont exploités cotonniers, vignes et manguiers.

C’est dans un logement traditionnel en pisé et bois de palmier que nous posons nos valises,

avant de découvrir le village aux ruelles colorées, où sont établies de nombreuses boutiques de poterie.

Arrivés là, dans les années 70, un couple de Suisses, passionnés de poterie, a formé les jeunes à cet art, permettant à certains d’en vivre aujourd’hui.

Sur un toit-terrasse, avec vue sur le Lac Qaroun, Domitille et Elie écoutent les mélodies sortant du tongue-drum tapoté habilement par les pouces d’un jeune Cairote venu pour le week-end.

Et le lendemain, c’est à bord d’un 4×4 que nous filons dans le désert, au petit matin. L’horizon est pour nous. 

De petits monticules de sable, façonnés par le vent, se dressent en sentinelle au bord de la piste.

Nos traces de pas sont les premières de la journée, le vent se chargera de tout gommer dans la nuit.

Cet immense bac à sable invite à le fouler pieds nus tant le sable est doux et fin.

Un peu plus loin, les cascades de l’Ouadi Rayan se jettent dans un lac artificiel.

Ce projet d’irrigation permet de faire vivre quelques marins d’eau douce à bord de barques de bois, quelques pêcheurs, mais on est loin des terres fertiles espérées lors de la conception du projet.

On lève l’ancre pour tracer dans le désert, hors piste…sensation forte garantie !

Domitille, absolument en confiance avec notre pilote, le remercie de nous faire sauter comme des crêpes à l’arrière du 4*4. 

et profite de la pause pour lui remettre son turban!

Juchés sur un promontoire naturel, nous admirons ce paysage à couper le souffle.

Et encore un tour pieds nus pour sentir le sable sous nos pieds.

Et nous redescendons vers le lac Magique, qui offre un reflet parfait du rivage et du ciel.

Retour dans notre lodge, et visite d’un pigeonnier traditionnel.

Le pigeon est un mets très apprécié des Egyptiens et le soir même, à la lueur d’une chandelle de fortune, nous dégustons du pigeon farci. 

Un petit coucou à la bufflonne dont le lait permet la fabrication de fromage. 

Au pied du village, des parcelles cultivées s’alignent en terrasse en direction du lac. 

On découvre le système d’irrigation, mis en route le matin. 

 

Le Caire copte

Ahmed nous guide dans le Caire Copte, à la découverte de l’endroit où les premières communautés chrétiennes s’établirent au IVème siècle, sous le règne de l’empereur Constantin.

La religion chrétienne avait été introduite pr Saint Marc , originaire de Lybie, en 45 après JC. Mais il faut attendre le IVème siècle, pour que les premières constructions d’églises voient le jour. 

Aujourd’hui, il y aurait entre 10 et 20% d’Egyptiens chrétiens à grande majorité orthodoxes appelés coptes.

L’Eglise Saint Serge et Saint Bacchus

Elle a été bâtie sur la crypte qui aurait abrité la Sainte Famille lors de sa fuite en Egypte. Elle est dédiée à 2 soldats martyrisés sous le règne de l’empereur Maximien.

L’iconostase est ornée de belles pièces de marqueteries incrustées d’ivoire.

Des manuscrits contenant les premières traductions de l’Ancien Testament du copte à l’arabe sont exposés.

Des curieux du monde entier viennent découvrir ces sites historiques. Et les religieuses se mettent au couleur de l’Egypte !

L’Eglise suspendue dédiée à la Sainte Vierge fut contruite au début du IV ème siècle sur une forteresse romaine, dont deux tours lui servent de fondation.

Du haut de ses 83,5 cm

«A Saqqara, j’ai joué à la déesse en me mettant sur un socle… la déesse de la Joie ! 

Après, on est descendu dans un tombeau et on a regardé tous les dessins : les vaches, les oiseaux, les chacals… avec Elie, on est à la bonne hauteur pour passer dans les souterrains ! Pas besoin de se baisser !»

« Après, on a fait un tour à dos d’âne. Au début , j’étais derrière Elie mais après c’est moi qui tenais les rênes ! »

«Papa m’a prise sur son dos et on est descendu dans la pyramide de Dachour…

mais c’est pas drôle du tout, en plus il fait noir. Papa est plié en 2 et descend en marche arrière … j’aime pas ! J’ai dit « chaud ! Chaud ! » Edmée n’aime pas non plus… Finalement, Maman a donné Edmée à Mohammed pour qu’il remonte avec elle et maman m’a récupérée pour me remonter à la lumière…enfin ! De l’air ! »

« Après, on est allé plus loin et j’ai vu plein de Chinois. Ahmed, notre guide, appelle cet endroit l ‘ « arrêt chinois », parce qu’il dit que c’est intéressant que pour faire des photos !

C’est la pyramide rhomboïdale (je suis savante hein!). Une sorte de brouillon avant d’avoir réussi à faire la pyramide parfaite. »

Du haut de son mètre

« Et encore une autre pyramide à Dachour, on est carrément rentré dedans avec Papa ! Tout au fond !

Et je me demande, mais comment ils ont pu faire ça ? !! »

«Là, on est à Memphis, mais tu m’as dit qu’il y avait encore des pyramides ! Mais non en fait ! C’est que des ruines, tout est cassé en fait… »

« Par contre, il y a Ramsès 2 quand même… »

« Il a les poings comme ça, bien serrés parce qu’il veut dire qu’il est fort. »

« Maman, maman ! Regarde, c’est incroyable, le marchand m’a donné des scarabés bleus ! Et aussi une petite pyramide ! Ces mes trésors ! Je vais les mettre avec mes playmobils ! »

Saqqara

Auguste Mariette ! Encore lui !

Ce pionnier de l’égyptologie est omniprésent sur les différents sites de visite.

C’est en découvrant une momie au musée de Boulogne sur Mer d’où il est originaire qu’il se passionne pour l’Egypte. Dans les années 1850, il met à jour la nécropole de Saqqara comprenenant la pyramide à degrés conçue par l’architecte Imhotep pour le roi Djoser en 2600 avant JC.

Notre guide nous amène ensuite au sérapeum. Ce grand souterrain à peine éclairé dissimule d’énormes sarcophages monolithiques en granit qui contenaient les momies de taureaux.

Et les mêmes interrogations que pour la conception des pyramides reviennent : Comment ont-ils extrait ces blocs aux lignes parfaites ? Comment ont-ils pu déplacer ces blocs de 70 tonnes dans ces petites cavités souterraines ?

Un peu plus loin, nous entrons dans une mastaba (édifice funéraire).

Les bas-reliefs fourmillent de détails de scènes de la vie quotidienne. Les traits sont fins et les couleurs encore bien vives.

La diversité des animaux représentée laisse imaginer ce qu’à pu être la faune vivant près du Nil à cette époque (hippopotames, crocodiles, cygnes, oiseaux exotiques…)

Par un étroit couloir souterrain, on accède au caveau.

Le long du Nil

C’est par la traversée du Nil en barque que nous débutons la découverte de Louxor.
Hérons, aigrettes et poules d’eau s’affairent sur les rives du fleuve.

Les ânes travaillent dans les champs et les buffles d’eau se prélassent dans la boue.


Louxor se partage entre 2 rives, l’une agricole et calme et l’autre touristique et agitée.
Les rabatteurs de calèche arrivent sur nous comme des sangsues et baissent leurs prix à mesure que nous avançons vers le temple de Louxor.

Il faut s’imaginer vivre ce temple animé au cours de la fête d’Opet (nom du mois de la montée des eaux). La nouvelle crue annuelle du Nil arrive et c’est la liesse générale. C’est grâce au limon déposé après la crue que les champs seront fertilisés et pourront nourrir toute la population. Des barques sacrées transportant les statues en or à l’effigie du Dieu Amon, de son épouse Mout et de son fils Khonsou, étaient acheminées du temple de Karnak à celui de Louxor.

Sur une allée 2 kilomètres bordée de sphynx, ces Dieux étaient acclamés par la foule et accueillis triomphalement à Louxor pour 3 semaines d’offrandes, de prière et de sacrifices.
Depuis des siècles, cette allée était enfouie sous des mètres de terre et recouverte de constructions…démolitions et relogements se succèdent pour la restaurer en intégralité.

Un obélisque de granit rose représentant Ramsès II se dresse à l’entrée du temple. Son frère jumeau est place de la Concorde à Paris. Et bien que les 2 obélisques aient été donnés par l’Egypte à Champollion, la France renoncera au 2ème obélisque car le transport du 1 er fut une véritable odyssée …2 ans de galère, on ne renouvellera pas l’exploit.

C’est vu du ciel que Malou, Olivier et Sylvain ont admiré le lever de soleil sur Louxor (voir photos précédemment).
Un panorama aussi grandiose que l’atterrissage sur les palmiers !

Direction la « vallée des Rois ». Une kyrielle de souverains ont fait creuser là leur dernière demeure, dans une montagne surmontée d’un pic naturel, surplombant les terres irriguées du Nil.

Pendant des siècles, la soixantaine de tombes reste ensevelie sous le sable. Ce n’est qu’au début du XVIIIème siècle, qu’elles commencent à être méticuleusement mises à jour, repertoriées et restaurées. La préoccupation majeure des pharaons était de construire la tombe parfaite où toutes les conditions seraient réunies pour assurer son éternité.

Le principe architectural est le même pour tous les tombeaux : porte d’entrée, escalier descendant dans la roche menant à divers vestibules et salles et enfin une chambre funéraire contenant le sarcophage, entourée d’annexes contenant le mobilier du défunt. Tout est décoré par des scènes de la vie quotidienne et des textes tirés des «livres funéraires ».

Ces « livres » décrivent ce qui se passe après la mort et contiennent des formules rituelles pour accompagner l’âme vers l’au-delà.

On est surpris par la qualité des couleurs , vieilles de 5000 ans et qui proviennent de pigments naturels : le noir du charbon, le vert et le bleu de l’oxyde de cuivre, le gypse pour le blanc, le rouge de l’ocre.

Un colosse à terre, des colonnes impressionnantes et des ruines éparses d’un temple funéraire…c’est le Ramasseum, qui fût tout à la gloire de Ramsès II, puis servi de carrière de pierre à l’Antiquité.

Les morceaux du puzzle sont à nos pieds : statue colossale, colonnades couchées, pylônes effondrés.

Nous quittons Louxor pour rejoindre Esna où nous embarquons à bord d’une dahabeya, un gréement traditionnel à 2 voiles.

Pendant 5 jours, nous glissons sur le Nil en direction d’Assouan.
Plantations de maïs, de choux, de gombos, de pommes de terre s’alignent sur de petites parcelles cultivées à la main et bordées de petits canaux d’irrigation.


Quelques palmeraies de dattiers et de bananiers donnent un peu de hauteur à ces étendues.

A bord, nous nous régalons de plats relevés de coriandre, ail et citron. Délicieux moments dans le calme de la navigation, rythmés par les visites de temples :

le temple d’Edfou : Dégagé des gravats par Auguste Mariette au milieu du XIXème siècle,ce temple est dédié au Dieu Horus.

le temple Kom Ombo : une partie du temple est dédiée au Dieu Horus, à la tête de faucon et l’autre partie au Dieu-crocodile Sobek. Comme la plupart des temples, il a été pillé et a souffert d’un tremblement de terre mais il reste bien conservé.

Nous faisons escale au pied d’un petit village d’où sont originaires certains membres de l’équipage.

Les souvenirs de la Route méridienne reviennent : enfants pieds nus courant dans les rues, sourires généreux, ruelles en terre battue, jarres d’eau fraîche en libre service, portes grandes ouvertes…

A Assouan, nous découvrons le temple de Philaé sur une petite île accessible en barque.Dans les années 70, la construction du Haut Barrage menaçait d’engloutir ces merveilles. L’Unesco et l’Egypte ont donc financé le déménagement pierre par pierre de ces constructions sur une île voisine de Philaé. Un gigantesque chantier qui a duré 8 ans.

Logés sur l’île Elephantine, nous profitons d’une vue magnifique sur le désert et le monastère Saint Siméon, datant du VIème siècle.


L’île doit son nom aux grands rochers gris qui entourent l’île dans le Nil, évoquant le dos rond des éléphants.


Malheureusement, les Nubiens ne semblent pas avoir conscience de la beauté de leur coin de paradis…les déchets volent au vent dans les ruelles, moutons et chèvres fouillent les décharges à ciel ouvert dans l’indifférence générale. Les habitations sont des imbroglios de briques, béton et torchis… il faut savoir lever le regard vers l’horizon pour apprécier la beauté de l’île.

Nous quittons Assouan pour rejoindre le Caire en avion