Le Caire…facile !

Comment rencontrer la mère du monde « Oum el Dounia » surnom donné au Caire, quand on ignore sa langue, sa culture et son histoire ? Comment appréhender cette géante, écrasante et il faut bien le dire, repoussante ?

C’est une grande Dame aux multiples bras parcourus de milliers de voitures, camions, bus, charrettes qui vont et viennent dans une cacophonie assourdissante.

Ses bras s’étendent toujours un peu plus vers le désert qu’elle infiltre de toute part. Rien ne l’arrête. Surtout pas les 20 millions de fourmis qui s’agitent en tout sens sur son corps tressautant de l’aurore ou couchant.

Et même lorsque le soleil est couché derrière le Nil, la plus grande mégapole d’Afrique continue de grouiller sous les lumières blafardes des souks, des gargottes, des garages de fortune, des reverbères bancals, des enseignes fluorescentes, des panneaux publicitaires scintillants…

Ce remue-ménage serait épuisant si nous vivions au cœur de la fourimilière. Heureusement, l’un des 150 quartiers du Caire offre un peu de répit et permet d’avoir un quotidien ni trop bruyant ni trop pollué.

Grâce aux 2 associations d’expatriés Français, attachées à accueillir les compatriotes un peu perdus dans cette ville indomptable, la ville devient plus compréhensible.
Un programme de visite hebdomadaire étalé sur toute l’année, permet de découvrir le Caire, chaque semaine, pour l’apprivoiser petit à petit.

C’est d’abord les rives du Nil qui ont été présentées, depuis un bâteau qui a descendu le Nil en contournant l’île de Zamalek puis celle de Dahab.

De grands hôtels de luxe jouxtent le fleuve,

ainsi que les ambassades et quelques résidences privées de Princes du Moyen-Orient.

 

Dans les années 30, vivre sur le Nil à bord de maisons flottantes était prisé des riches égyptiens qui recevaient chez eux pour admirer le coucher de soleil depuis leur salon.

Maintenant, de modestes ouvriers louent ces embarcations pour une misère et partent travailler sur leur chantier à proximité.

Cette semaine, c’est la tête pensante du Caire qui a été dévoilée : la place Tarhir.


Connue pour ses manifestations monstres, cette place est aujourd’hui prise d’assaut par des milliers d’automobilistes qui klaxonnent à tout va, en invectivant les voisins qu’ils frôlent sans leur adresser un regard. Il semblerait qu’il y ait quelques règles dans cette cohue assourdissante… le « eye contact » notamment : si je te regarde, c’est que je te laisse passer… mais cette règle semble avoir quelques variantes assez obscures…
une autre règle d’or, les angles morts n’existent pas, car si je me retourne pour regarder… c’est que je te laisse passer !

La place Tahrir est assez éclectique regroupant la façade roe néo classique et le dôme du Musée égypten, la haute barre du Nile-Ritz-Carlton datant des années 60, le bâtiment du siège de la Ligue Arabe, la mosquée Omar Makram et lui faisant de l’ombre, le plus gigantesque bâtiment administratif du pays, la Mogammaa, un bloc de béton hérité de l’aire soviétique, visitée chaque jour par quelques 50000 personnes…

Un univers kafkaïen qui a inspiré une comédie « Terrorisme et Kébab » traitant des lenteurs administratives en Égypte…qui rendent fous !

Et enfin, sur la place Tarhir, se trouve l’Université Américaine sur les murs de laquelle on peut voir des graffitis hérités de la Révolution de 2011.


Ils représentent les yeux des manifestants, rougis par les gaz lacrymogènes.

Puis, c’est le Caire Hausmanien que l’on a découvert en déambulant dans les artères principales du quartier.

Lors de sa visite en France pour l’Exposition Universelle de 1867, le gouverneur d’Egypte, Ismaïl Pacha est fortement impressionné par les travaux entrepris à Paris sous la direction du baron Haussmann. Il s’inspire de ce qu’il a vu dans la capitale française pour lancer au Caire des constructions similaires, en vue de l’inauguration du Canal de Suez, où seraient invités tous les hauts dignitaires européens.

Du haut de ses 83 centimètres et demi

Alors Domitille a tellement de choses à raconter que cette rubrique lui sera consacrée.

On va prendre la plume pour elle en essayant d’être le plus fidèle possible à sa vision de l’Egypte à 83,5 centimètres de haut…

«D’abord, faut que je vous parle du voyage en avion où j’ai été A-DO-RABLE pendant 4h30, je me suis levée une seule fois pour changer ma couche avec maman!  Même dans le dos de Maman, j’étais sage, sauf en arrivant à l’aéroport où j’en avais marre de faire la queue pour acheter le visa et ensuite passer le contrôle… Et après, j’étais trop contente de voir Papa !

J’ai fait ma rentrée avec Elie avec mon uniforme, un tee-shirt (taille zéro pourtant mais un peu trop grand pour moi) et un short de sport que j’adore enlever et remettre en mettant les 2 pieds dans le même trou.

Je vais à l’école en poussette et Elie en trotinnette. Mais dès fois, à cause du sable et des gravats (parce qu’il y a pleins de chantier partout dans le quartier), c’est galère avec la poussette.

Mais je râle pas. Il faut faire super attention aux voitures, mini-bus et 4×4 qui déposent les enfants devant l’école parce que c’est chacun pour soi. Y a pas beaucoup de trottoirs, soit ils sont cassés soit ils sont tout petits, soit ils sont trop hauts…

Je dis bonjour à tout le monde, en envoyant des bisous, même à ceux qui nous klaxonnent. Quand j’entends un klaxon, moi aussi je fais le klaxon « tuuuut, tuuuut » et ça fait rire le gardien de la porte de notre « area ».

On habite dans un quartier sécurisé avec plusieurs « gates » pour contrôler les entrées.

Ce n’est pas un compound comme il y a beaucoup ici. (Les compounds sont des quartiers résidentiels aisés regroupant des villas avec piscine, terrains de jeux collectifs, supermarchés…)

Dans la classe de Très Petite Section (TPS), il y a 12 enfants. Ma maîtresse est Marocaine, c’est Mme Saloua et il y a une « nanny », c’est l’assistante. Le mardi, j’amène ma lunch box comme Elie, et les autres jours, c’est l’école qui donne le repas. On mange dans la classe.

Le soir, j’aime bien préparé le sandwich avec Elie.

Partout où on va, j’envoie des bisous, j’aime bien, et les gens aussi. Ils me sourient et ils disent en arabe « elle est trop mignonne ». Souvent, la maîtresse d’Elie vient faire un gros bisous sur mes bonnes joues, elle aime bien !

L’autre jour, dans le mall près de chez nous, je courrais dans les allées en disant « aurevoir, aurevoir ! » et on me répondait, parfois même en français !et quand j’entends de la musique, je danse ! Je lève mes petits index en l’air, et c’est parti pour le show !

On a essayé la piscine du lycée de Papa. Trop bien ! On était tout seuls, avec 2 toboggans qui glissent hyper vite, mais j’avais pas peur !et il y a un tapis flottant, et j’arrive à marcher dessus toute seule (presque!) sans tomber. J’aime trop quand on dit « allez Domitille ! Allez Domitille ! »

Hier soir, c’est Mme Marcelle qui est venue nous garder. Elle est Ivoirienne, de l’ethnie Ebrié. Elle a parlé de la Côte d’Ivoire avec Maman et Papa qui étaient contents de se rappeler de leur marche en 2013. Les parents étaient à l’Ambassade de France pour une soirée d’accueil des expatriés.

(Une réception faisant honneur à la gastronomie de notre pays!)

Du haut de son mètre… L’école

« On doit amener une lunch box pour manger le midi. On met des trucs à manger: des raisins, des tomates cerises, des biscuits, des kiris. On a chacun un tour pour amener le goûter à toute la classe.

J’ai goûté la halawa (pâte de sésame un peu sèche et friable, très sucrée dans laquelle sont ajoutées des amandes, du chocolat, ou des pistaches par exemple)

On a fait des pyramides en peinture et des verticales.

Le mardi, c’est piscine dans la piscine de l’école. J’aime bien, j’ai un bonnet bleu et des lunettes roses!

Dans la classe, il y a la clim. « 

Du haut de son mètre… La rentrée

Elie a fait sa rentrée en moyenne section au lycée International Balzac avec une institutrice, Maria, d’origine brésilienne et 2 assistantes égyptiennes.

Les élèves sont arabophones et 2 ou 3 francophones.

Pas facile pour Elie de trouver sa place dans la cour de récréation où les tours de toboggan ou de château gonflable se négocient en arabe.

Mais il s’y fait petit à petit, même si son vocabulaire se restreint pour le moment à Salam Aleikum, Esmi Elie (je m’appelle Elie), arba sana (j’ai 4 ans).

Du haut de son mètre… Après l’école, Fatine

« Fatine, c’est la fille de Rasha, qui vient faire le ménage à la maison. Rasha, c’est la femme du gardien de notre résidence. On a des voisins au dessus de nous, il y a 4 étages.

Nous, on habite au rez de chaussée. Il y a une cour où je peux faire du vélo (un vélo Bob l’éponge à roulettes, c’est papa qui l’a acheté avant qu’on arrive en Egypte). Je fais du vélo et Fatine, je lui prête ma trotinette.

Elle a 7 ans. Elle est encore en vacances parce que la rentrée pour elle, c’est pas encore. (Elle va à l’école publique, la rentrée est le 23/09)

Fatine a 1 grande soeur et 2 grands frères mais ils parlent que arabe. Ils sont gentils, ils m’aident à monter les marches avec mon vélo pour rentrer à la maison. Un jour, le gardien m’a emmené avec Papa dans un petit magasin caché et il m’a offert un gâteau. C’est gentil. »

Du haut de son mètre… Les gardiens

« On voit les gardiens qui lavent les voitures tous les matins avec des tuyaux d’arrosage quand on va à l’école.

Comme ils arrosent beaucoup, ça fait des flaques et un peu de bouillasse. On voit aussi des Chinois qui vont au travail.

Les gardiens, ils habitent dans les maisons qui sont en chantier dans le quartier.

Ils ferment les fenêtres avec des cartons parce que y a pas encore les fenêtres.

Dans la rue , y a des chiens qui fouillent dans les déchets. En Egypte,y a les chiens d’extérieur qui mangent les déchets et les chiens d’intérieur qui mangent des croquettes.

Y a un passage pour aller à la crèche qui est un peu galère. Faut que je tire la trotinette parce que y a trop de sable. Ici, c’est le désert en fait. Avant, c’était que du sable partout. Une fois, y a des ouvriers du chantier qui m’ont porté avec ma trotinette au dessus du petit feu. Carrément. Ils avaient fait un petit feu pour faire du thé dans le passage. »

Du haut de son mètre… Cairo Festival rebaptisé Medaï-Medaï

Cairo Festival est un gigantesque mall ( centre commercial) à 10 minutes à pied de chez nous. Il y a un spectacle eau, son et lumière tous les soirs avec toujours les mêmes chansons… dont « Medaï-Medaï »…

« Medaï -Medaï, c’est avec tellement de jets d’eau. Des jets d’eau qui sautent dans le ciel.

C’est pas une mer, c’est que des bassins. Les gens ont pas le droit de se baigner dedans. Y a pas de vague. Pas d’hippopotame. « 

Du haut de son mètre… La mer rouge

« Je trouve que la Mer Rouge est vraiment très belle mais elle est pas rouge… Pourquoi?

Les crocodiles, ils sont allés dans quelle mer? Parce que là, je les vois pas….

Par contre la plage, c’est très sale. Les Egyptiens, ils sont gentils parce que y a une maman qui m’a donné une « vache qui rit » de la coupe du Monde. Y avait Bleu-Blanc-Rouge sur l’étiquette! »

La Mer rouge

Le WE dernier nous avons pris la  direction de la mer rouge:

1h30 de route sépare environ la mer rouge de la capitale égyptienne. Nous empruntons l’autoroute pour 10 livres égyptiennes ( environ 50 centimes d’euros). Le péage, aux allures pharaoniques , est tenu par un monsieur dont le guichet est une table et chaise en bois

Après une trentaine de kilomètres, nous bordons la nouvelle capitale dont la construction est presque achevée. Cette future ville dont nous avons déjà parlé, abritera en plein désert plus de deux millions d’habitants.

Arrivés à Ain Sokhna au bord de la mer rouge, nous prenons nos quartiers dans un hotel. Exceptés quelques clients, nous sommes les seuls non musulmans, et pour la baignade la différence est criante. En effet, les femmes sont toutes en burkini et la grande majorité profite de la piscine et de la mer rouge voilée.

Pour être précis, nous sommes au bord du golf de Suez situé à l’extrémité occidentale de la mer rouge.

Au loin, nous voyons les bateaux, porte-conteneurs qui naviguent vers le canal situé à quelques kilomètres. La plage est agréable, sans danger pour les enfants du fait de la profondeur progressive du fond de l’eau.

Elie marche dans les pas de Moise

Sur le trajet retour, nous trouvons un KFC perdu au milieu du désert. A l’extérieur l’abord est assez inhospitalier:

Mais à  l’intérieur, nous y sommes comme dans tous les KFC du monde… A une petite différence près, à l’heure de la prière, le cuisinier qui avait fait cuire nos nuggets déroule son tapis et prie en direction de la Mecque devant le slogan de la marque.

 

 

Bonne année !

Aujourd’hui la crèche est fermée, l’école et le lycée aussi, c’est jour férié!

Nous fêtons la nouvelle année en ce mercredi 11 Septembre. Nous sommes le 1er jour de l’an Hégirien 1440. 

Le calendrier hégirien ou calendrier islamique est un calendrier lunaire, fondé sur une année de 12 mois lunaires de 29 à 30 jours chacun. Une année hégirienne compte 354 ou 355 jours, et est donc plus courte qu’une année solaire d’environ 11 jours.

Son point de départ est l’émigration du Prophète Mahomet de la Mecque vers Médine en Septembre 622.

Le calendrier grégorien utilisé à travers le monde, mis en place par le pape Grégoire XIII en 1582 est loin d’être le seul !

Ici en Egypte le calendrier utilisé est bien entendu le grégorien, mais les musulmans fêtent le 1er jour de de l’Hégire et donc ce jour est férié.

Et il en existe encore bien d’autres des calendriers, comme celui utilisé par la communauté juive. C’est un calendrier luni-solaire composé d’années solaires, de mois lunaires, et de semaines de sept jours commençant le dimanche et se terminant le samedi, jour du shabbat.

Comme point de départ, il se réfère à la Genèse, le premier livre de la Bible, dont il fait correspondre le début à l’an -3761 du calendrier grégorien . 

Le hasard du calendrier cette année fait que cette année le nouvel an hébraique ( appelé Rosh Hachana) est le 10 septembre et soit la veille du nouvel an islamique.
Et pour complexifier la chose en Egypte, pays majoritairement musulman (90%), la minorité copte ( chrétiens) utilise encore un autre calendrier.  Il dérive du calendrier de l’Égypte antique mais ne se fonde plus sur les cycles lunaires et comporte des aménagements pour les années bissextiles….

Donc pour résumer aujourd’hui, nous sommes le 1 er jour de l’an Hégirien 1440, le deuxième de l’an Hébraique 5779…. ou encore le 11 Septembre 2018 !

Enfin pour en savoir plus, voici deux vidéos qui pourront aider à la compréhension, la première extraite d’un télématin de france 2 et la seconde un « C’est pas sorcier » sur les calendriers.

 

Les pyramides de Gizeh

« Soldats, du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent »

Napoléon Bonaparte, 21 Juillet 1798

220 ans plus tard, nous avons pris la direction du plateau de Gizeh. Situés sur la rive Ouest du Nil, comme Napoléon, nous avons pu admirer ces colosses historiques avec des ambitions nettement plus pacifiques…

Elles sont situées à la sortie de la ville de Gizeh, elle même attenante au Caire, laissant en arrière plan transparaître les immeubles de cette ville tentaculaire.

Ce complexe pyramidal égyptien est classé au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1979.

Ces trois célèbres pyramides sont celles de Khéops, Khéphren et Mykérino. Le site comprend également quelques pyramides plus petites dites satellites. Nous avons même pu rentrer à l’intérieur.

Ce fut à la plus grande joie des enfants, l’occasion de faire un petit tour en calèche.

C’est la rentrée !

Comme en France c’est la semaine de la rentrée en Egypte. Sylvain a rencontré ses nouveaux élèves mercredi, Elie et Domitille ont découvert leurs petits camarades jeudi à l’école Balzac. Quant à Edmée, elle a pris le chemin de la crèche.

 Elie est très fier d’accompagner sa petite sœur pour la première fois.

Il va intégrer la classe de MS E, une des six classes de Moyenne Section de l’établissement.

Le dépaysement sera assuré,  il sera le seul petit français dans sa classe. Sa maîtresse Maria, francophone est d’origine brésilienne.

Quant à Domitille, elle intègre la classe de Très Petite Section avec comme maîtresse Amal.

 

 

Sur le Nil

Il est le plus long fleuve d’Afrique, il parcourt ce continent sur plus de 6700 km et traverse huit pays. 

Le Nil est la voie qu’empruntaient les Égyptiens pour se déplacer dans l’Antiquité. Il apportait la vie en fertilisant la terre et garantissait l’abondance. Il joua un rôle très important  du point de vue économique, social (c’était autour de lui que se trouvaient les plus grandes villes), agricole (grâce au précieux limon des crues) et religieux. Fleuve nourricier d’un grand peuple, il fut divinisé sous le nom d’Hâpynotes, personnifiant la crue du Nil dans la mythologie égyptienne

Nous avons pu faire notre première croisière en felouque (bateau à voile utilisé sur le fleuve) avec les nouveaux collègues de Sylvain. La sortie était organisée à l’occasion de la pré-rentrée des enseignants.