L’heure des valises

La fin de l’aventure éyptienne approche…c’est l’heure de remplir les valises avant de quitter l’Afrique.

Cette année fût riche en découvertes culturelles et historiques, à commencer par les impressionnantes Pyramides du plateau de Gizeh, mais aussi celles tout aussi passionnantes de Saqqara et Dachour, érigées 30 siècles avant JC.

Chaque visite était un nouveau saut dans l’Histoire: IVème siècle: le quartier Copte, XIVème siècle: le Vieux Caire, XIX ème siècle le Caire Haussmanien, XXIème siècle des malls pharaoniques…

Et toujours, cette même réflexion vertigineuse: les Pharaons ont régné pendant 3000 ans, leurs pyramides, nécropoles, mastabas, temples, maisons, sont encore visitables, 5000 ans plus tard. Leur obsession d’éternité est devenue une réalité.

Que laisserons-nous aux générations qui nous suivent?

Dans 5000 ans, des touristes viendront-ils faire des selfies à 828 mètres du sol, au sommet de la Burj Khalifa de Dubai, la tour la plus haute du monde? Nos constructions actuelles seront-elles éternelles?

La route Méridienne nous avait permis d’expérimenter physiquement l’Espace, d’avancer vers un horizon inatteignable, de nous trouver minuscules dans le désert… pauvres bipèdes que nous sommes!

Nous n’avons fait que passé en Egypte, mais ce pays, où s’est développée une des premières civilisations humaines il y a 10 000 ans, nous replace en individus de passage dans le XXI ème siècle, conscients que c’est dans ce qui nous a précédé que nos sociétés trouvent leurs racines, dans l’Histoire, dans le Temps.

Coupe d’Afrique des Nations

La grande fête du football africain, est lancée. 24 équipes vont s’opposer jusqu’à la mi-juillet sous une chaleur torride pour remporter le trophée.

Hier soir, au stade internationale du Caire, avec près de 70 000 égyptiens, nous avons assisté à la cérémonie d’ouverture de la compétition. Un magnifique son et lumières qui a mis à l’honneur la culture égyptienne ainsi que les 24 nations qui vont concourir.

Puis dans un stade surchauffé par la chaleur et les supporters égyptiens, l’équipe d’Egypte et du Zimbabwe se sont opposés. La délivrance est venue à la fin de la première mi-temps quand Trezeguet a ouvert le score!

 

Non, non, il n’y a pas d’erreur il s’agit bien de Trezeguet alias Mahmoud Assan. 

Mahmoud Assan se fait appeler dans le monde du foot par le nom de son sosie.

Aid El Fitr

L’Aïd el-Fitr, fête de la rupture du jeûne, signifie « petite fête » en opposition avec la « grande fête » que constitue l’Aïd el-Kébir et qui est une commémoration du sacrifice d’Abraham.

Après 29 jours de jeûne, les musulmans fêtent la fin du Ramadan.

Un jeûne qui aura duré tout le mois de Mai avec des journées bien chaudes voir même torrides (45°C à la sortie de l’école le vendredi 24 Mai). Autant dire, que ce mois n’a pas été sans effet sur le rythme de vie. Beaucoup moins de présence d’élèves dans les classes de Sylvain notamment. Ce jeûne difficile en cette période de l’année, nous laissera de nombreux souvenirs: de convivialité comme les soirées de rupture du jeûne ou encore de partage avec la distribution de bouteilles d’eau à la nuit tombante sur les bords de route.

Mais aussi d’excitation et parfois même de violence en fin de journée dans l’attente de l’Iftar (repas de rupture du jeûne à la tombée de la nuit). Comme le disait notre propriétaire, si on le peut, mieux vaut éviter de sortir en fin de journée!

Sa détermination comme pour le début du Ramadan est effectuée par l’observation du nouveau croissant de lune dans chaque pays. Hier les français l’ont obervé mais pas les egyptiens. Et donc l’Aid est fêté à Paris aujourd’hui et il le sera demain ici en Egypte.

Depuis quelques jours les musulmans se préparent à la fête en cuisinant notamment. Notre propriétaire a fait des gateaux en quantité industrielle.

Trois jours fériés ont été décrétés plus les deux jours du WE, tous les égyptiens partent en bord de mer pour l’occasion.

Premier départ

Comme pour notre arrivée au Caire, notre départ est échelonné. Ce 1er juin, Anne-Lucie et les enfants quittent Le Caire pour retrouver la verdure et la douceur de la Sarthe.

Après un dernier Au revoir à nos propriétaires Kamel et Miss Ola, direction l’aéroport.

C’est la fin d’une belle aventure pour les enfants. Il est à temps à présent de profiter de la famille et des amis avant de repartir plus au Sud début Août pour l’île de La Réunion.

Du haut de son mètre, Elie fête son anniversaire

« Alors, j’ai invité les copains de la classe au mall. Parce que notre appartement est trop petit et il fait trop chaud pour jouer dehors. Au mall, on était à Billy beez, c’est un endroit pour les enfants, avec la clim!

On a mangé des cupcakes, super bons! Et on a joué. Ils m’ont offert plein de cadeaux!

A la fin, les mamans sont venues chercher mes copains parce que c’était la rupture du jeûne. Donc ils rentrent chez eux. Mais Emmanuel est resté plus longtemps! Parce que lui, il fait pas le Ramadan! »

Bamako-Istanbul-Le Caire

18 heures de voyage pour venir nous retrouver en Egypte… il n’y a que Noémie pour faire ce genre de folie!

Et la voilà, à peine fatiguée, partante pour visiter le Musée d’Art Islamique, les Pyramides, le Jardin Al-Azhar, la Citadelle, la réserve du Wadi Degla, les malls, et honorer la cuisine égyptienne au cours des soirées de rupture du jeûne…

Invités à plusieurs reprises dans des familles egyptiennes, nous découvrons de l’intérieur l’exigence du jeûne quotidien. Et c’est avec beaucoup d’humilité et de simplicité que petits et grands boivent et mangent enfin, après l’appel du muezzin.

Avec Sherif, collègue de Sylvain, et toute sa famille, nous fêtons l’anniversaire de ses jumeaux Mohamed et Youness.

 Pour leur « 1an », oncles, tantes et grands-parents sont conviés au club du Wadi Degla, une sorte de grand parc privé, avec droit d’entrée, qui regroupe plusieurs restaurants, cafétérias et une grande aire de jeux pour les enfants.

Les Cairotes se retrouvent souvent dans ces clubs le week-end pour échapper à la frénésie de la ville tout en étant un peu dans la nature, à la différence des malls (grands centres commerciaux).

Chez Kamel et sa femme Miss Ola, les propriétaires de notre appartement, nous nous régalons de plats égyptiens: légumes farcis de riz parfumé, poulet pané, boeuf en sauce… la table est bien garnie! Son fils Ahmed et sa femme sont venus rompre le jeûne avec nous, ainsi que Rachid, collègue de Sylvain. On parle de l’Egypte, des séries télé spéciales Ramadan (diffusion 24h/24h, avec éléction de la meilleure série à la fin du Ramadan), du lycée Balzac et de la vie à Abu Dhabi où Rachid a passé 10 ans.

Chez Hanna, c’est à nouveau un repas de fête!

Une grande tablée chaleureuse où la maman d’Hanna et ses 2 soeurs, veillent à ce que chacun ne manque de rien. Hanna est une brillante élève de Sylvain qui envisage de faire ses études de Médecine en France à la rentrée.Son père, ingénieur en Génie Civil,  a parcouru l’Afrique en long en large, et est de retour au Caire depuis peu. Hanna et ses soeurs ont fait toute leur scolarité dans le système français et ne parlent donc pas l’arabe égyptien! Pas simple pour elles de s’intégrer à ce pays qu’elles connaissent peu.

Dans le centre ville du Caire, tout autour de la mosquée Al Hussein, certains ont pris place dès 16 heures pour être sûrs d’avoir une place sur les tapis et couvertures installés par terre. Dans de grandes marmites mijotent le repas pour tous, des familles ou personnes en situation de précarité.

Dans les rues du quartier Khan El Khalili (Vieux Caire Islamique), la plupart des boutiques sont fermées, presque que des chats à traîner… Tout le monde prie dans les dizaines de mosquées du quartier. Quelques minutes plus tard, les rues se remplissent d’hommes en galabeya (djellaba), de femmes aux voiles colorés, et d’enfants excités par l’ambiance festive.

D’autant plus que les soirs de Ramadan, il est fréquent d’offrir des petits cadeaux aux enfants.

Des lanternes et guirlandes lumineuses ont été accrochées un peu partout.

Cette tradition des lanternes vient de l’époque fatimide (1000 ans après JC). On raconte que le calife Al-Moezz li-Dine Allah est entré au Caire une nuit du Ramadan, et que le peuple est sorti l’accueillir en nombre, tenant des lampes pour éclairer les rues.

Depuis, la coutume est d’éclairer sa maison et les rues avec des lanternes de toutes les tailles et de toutes les formes. Domitille et Edmee étaient fières de nous ramener celles qu’elles avaient faites!

Un week-end au Monastère d’ Anafora

A seulement 1h30 des embouteillages du Caire, il existe une oasis de nature et de paix, protégée par une communauté de religieuses coptes orthodoxes.

Lieu de vie, de prière et d’accueil, Anafora est  ouvert à tous, chrétiens comme musulmans.

Hasard de circonstances, le jour où nous découvrons ce lieu, un article parait dans le journal Ouest France pour saluer cette initiative pour la Paix, dans un pays marqué par les conflits religieux.

Les enfants sont plus intéressés par l’observation des autruches, ânes, lapins et buffles d’eau que par les temps de prières qui rythment le quotidien des Soeurs et auxquels chacun est libre de participer ou non.

Mais peu importe, le calme des lieux et la bonté de Soeur Theodora sont un vrai message de paix!

C’est dans la grande bibliothèque d’Anafora, que nous faisons la connaissance de Catherine, qui depuis 20 ans, donne de son temps pour l’association qui soutient les Soeurs et le Père Thomas, fondateur du lieu.

L’association aide à la gestion de cette communauté de vie: les Soeurs, les retraitants, les gens de passage et les enfants déscolarisés accueillis régulièrement pour des séjours éducatifs.

Les repas partagés au réfectoire sont l’occasion de croiser des Français, des Américains ou des Scandinaves, venus pour des séjours plus ou moins longs, en volontariat ou pour une retraite.

Le Ramadan a commencé – 6 Mai

30 jours sans boire ni manger le jour, et attendre le coucher du soleil pour enfin s’hydrater…

Voilà le programme pour les 1,8 milliards de musulmans dans le Monde, soit 1 terrien sur 5 (exceptés les femmes enceintes, les enfants, les persones âgées ou malades).
Alors, pour faciliter un peu ce jeûne sous 35°C à l’ombre, les horaires d’école et de travail sont aménagés.

9h-13h30 pour l’école et la plupart des magasins n’ouvrent qu’en fin d’après-midi.
Les non musulmans sont priés de manger et boire discrètement.

Tout le monde se souhaite un « Ramadan Kareem » pour accomplir au mieux l’un des 5 piliers de l’Islam.

Le mois le plus saint de l’année se terminera obligatoirement par un don de nourriture (dattes, riz, raisins…) : la zakât al-Fitr (aumône de la rupture du jeûne)4. Étant destinée aux plus démunis, elle a pour but de purifier le jeûneur de ses péchés commis pendant le mois de ramadan. Sa quantité est évaluée à un « Saa’ », mesuré par quatre fois la contenance des deux mains.

La fête du printemps, le Cham-el-nessim

egyptian papyrus -Three Girls Holding A Lotus Flower.

Cette fête vient de l’époque pharaonique! L’ équinoxe de printemps était associé au commencement de la création. Les pharaons appelèrent cette fête “Chamus”, ce qui signifie « Résurrection ». Les familles se retrouvaient alors au bord du Nil et offraient à leurs divinités du poisson salé, de la laitue et des oignons.

De nos jours, la fête a lieu le lundi de Pâques orthodoxe ( cette année le 29 avril). Les familles chrétiennes comme musulmanes vont à la campagne pour pique-niquer ou manger du poisson dans des « fermes » et on se souhaite un « happy Easter! ». Les deux fêtes ne font qu’une.

On s’associe à la fête en passant la journée à la Nemo’s farm. C’est l’occasion de voir de près pélicans, serpent, tortues et singes.

 

Et finalement… le village pharaonique

C’est les vacances, on se motive pour 45 minimum de voiture pour aller dans le Centre du Caire, rive Ouest, au Musée de l’Agriculture. Traverser la ville puis le Nil, c’est toujours une expédition… on ne sait jamais quand on arrive.

Après 1h15 d’immersion dans la pollution et les bouchons, nous voici à la porte du Musée…qui restera close…restauration en cours, non signalé sur internet, spécialité égyptienne!

Un autre Uber nous emmène alors au Zoo à 25 minutes de là. Embouteillage. On finit à pied jusqu’aux grilles du Zoo qui resteront cadenassées…non signalée sur internet,spécialité égyptienne!

Un autre Uber nous emmène alors au Village Pharaonique à 20 minutes de là.

Dans le Guide du Routard: « Le Village Pharaonique ravira les plus petits et ruinera les grands « .

C’est donc peu motivés que nous réglons l’addition avant d’embarquer sur une petite barge qui nous emmène sur le Nil… et en fait, la visite est plutôt sympathique!

Des rangées de roseaux, des oiseaux, quelques pêcheurs, et de grands saules pleureurs nous font oublier que nous sommes en plein centre du Caire.

La parcours nous fait découvrir des paysans en costume d’époque utilisant les techniques et outils d’autrefois. Labour, semis, système d’irrigation, confection de barque en papyrus, maçonnerie en pisé, fabrication de parfum, souffleur de verre, sculpteur d’albâtre…

Le temple de Louxor et la tombe de Toutankhamon sont reconstitués en plus petits et permettent une visite à portée des enfants.

Les Egyptiens aiment les enfants, et les musées sont toujours pourvus d’une « Kids area » avec des travaux manuels proposés par des animatrices adorables.

Sur les bords de la mer rouge, toujours avec les cousins!

Après 3 jours à Louxor, direction la Mer Rouge pour découvrir les merveilles des fonds marins d’Hurghada.

Au programme, baptêmes de plongée et snorkeling!

Et c’est déjà la fin des vacances pour les cousins, nous rentrons au Caire en faisant un arrêt à mi-chemin, au Monastère Saint Antoine l’Ermite, un haut lieu de spiritualité copte.

Ce lieu est considéré comme le plus ancien monastère chrétien au monde.Il est occupé sans interruption depuis 16 siècles! Le frère Marcus nous fait la visite

Les cousins retournent en France après avoir savouré un délicieux kouchari, le plat traditionnel égyptien, à base de pois chiches, lentilles, pâtes, vermicelles, oignons frits et sauce tomate! Parfait pour un long voyage de retour qui les fait transiter par l’Ukraine.

Louxor avec les cousins

Visites des somptueux temples de Louxor, de Karnak :

et d’Hatchepsout, qui attire des touristes du monde entier.Ici des Birmans, avec un moine en habit.

Dans la Vallée des Rois, nous entrons dans 3 magnifiques tombes, dont les couloirs longs d’une centaine de mètres sont décorés en intégralité par des hiéroglyphes, représentations de dieux, scènes de la vie quotidienne.

 

Un arrêt devant les colosses de Mémnon s’impose;

avant de regagner notre villa, dans un quartier rural, où les habitants vivent de leurs cultures et font leur propre pain dans des fours à bois traditionnels.

Wadi Al-Hitan, La Vallée des Baleines, patrimoine mondiale de l’Unesco

Dans le désert, à une trentaine de kilomètres de Fayoum, des squelettes de l’ancêtre de la baleine (basilausorus) et d’autres espèces marines ont été retrouvés par des archéologues italiens et mis en valeur dans un musée. La mer était là il y a 40 millions d’années!

Avant de vivre dans l’Océan, la baleine était un mammifère terrestre pourvue de pattes arrières qu’elle a progressivement perdues au cours de l’évolution.

Un parcours balisé permet d’aller de fossiles en fossiles, en serpentant entre les anciens récifs coralliens. C’est l’occasion pour Edmée de découvrir le plus grand bac à sable du monde, le début du Sahara!

 

Glissades, dérapages, accélérations et ralentis…nos pilotes de 4×4 manient leurs engins avec dextérité…mais sensations fortes garanties!

D’autres sensations de glisse, mais en sandboard cette fois!

 

Un peu plus loin, des chutes d’eau, émanant d’une dérivation artificielle du Lac Qaroun, sont l’occasion de se rafraîchir, entre hommes!

Les femmes restent en retrait de ces jeux d’eau, avec les enfants.

« touch mameau! » Domitille, fan de chameau, réclame de toucher celui qu’on a aperçu au loin.

Le propriétaire laisse caresser sa bête, sans bakchich!

On n’échappe pas au selfie avec toute la famille.

Les jeunes Egyptiens sont accros aux selfies avec des Occidentaux! Alors, on se serre devant le smartphone de ce jeune inconnu, sans trop savoir ce qu’il pourra bien faire de cette photo! Peut être un trophée devant ces copains selfie-maniaques!

Après ces 2 nuits passées à Fayoum, nous descendons plus au Sud, toujours dans notre mini-bus, en direction de Louxor. Et toute l’équipe a avalé sans trop râler les 9 heures de trajet!

et sous bonne escorte comme à Ismailia